Aide au développement en Afrique – la nouvelle doctrine française

Répartition de l'Aide Publique au Développement par pays prioritaire

Source Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères

L’Afrique, priorité de l’Aide Publique au Développement (APD) française

La stratégie de la France en Afrique s’inscrit désormais dans l’émergence d’une nouvelle doctrine en la matière, qui s’appuiera sur deux axes : l’aide au développement et la francophonie.

Cette politique se fonde dans le cadre fixé par la communauté internationale, en particulier le Programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté en septembre 2015 par l’Assemblée générale des Nations unies, l’Accord de Paris sur le climat et le programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement. Elle s’intègre également dans le nouveau consensus européen pour le développement adopté en 2017.

La France concentre son effort de solidarité en subvention dans 19 pays prioritaires, qui appartiennent tous à la catégorie des pays les moins avancés (PMA).

Ces 19 pays prioritaires sont situés sur le continent africain, à l’exception d’Haïti. Ils concentrent les financements les plus concessionnels, bénéficiant de la moitié de l’effort en subvention de l’État, et des deux tiers des subventions mises en œuvre par l’AFD.

L’Afrique est au cœur de la politique de développement française : elle est destinataire d’1/3 de l’APD bilatérale française (2,9 milliards d’euros en 2020), en hausse de +40% par rapport à 2019.

La France s’engage en priorité pour :

  • traiter les situations de fragilité et assurer la paix et la stabilité ;
  • soutenir l’égalité entre les femmes et les hommes, grande cause du quinquennat ;
  • renforcer les efforts pour l’éducation et la formation professionnelle ;
  • agir pour la lutte contre le changement climatique et la biodiversité ;
  • maintenir une action résolue en faveur de la santé.

Les 19 pays prioritaires de la politique de développement de la France ont bénéficié en 2019 d’1,6 milliards d’euros d’APD française : le premier bénéficiaire était le Sénégal (281 millions d’euros), suivi de l’Éthiopie (158 millions d’euros), du Mali (145 millions d’euros) et du Burkina Faso (137 millions d’euros).

Le français, langue la plus parlée en 2050

Le nombre de francophones devrait tripler d’ici trente ans du fait de l’explosion démographique africaine à venir. Cela va procurer au français le statut de première ou seconde langue la plus parlée dans le monde (5e actuellement). Cet actif devrait permettre à l’Hexagone de disposer d’un immense pouvoir d’influence que peu de pays pourront se vanter d’égaler.

L’APD française a atteint 12,8 milliards en 2020 et poursuivra sa hausse en 2021. Les députés ont inscrit dans la loi que la France « s’efforcera » en « 2025 » de consacrer « 0,7 % de son revenu national brut » à l’APD.

Sources Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, France 24, Le Point.

Lancement d’un cursus en langue N’ko à l’Université Kofi Annan de Guinée

L’Espace culturel Malick CONDÉ, situé dans l’enceinte de l’Université Kofi Annan de Guinée, a accueilli ce dimanche 7 février 2021, les promoteurs de l’alphabet N’ko pour procéder à la dédicace de plusieurs ouvrages en alphabet N’ko : un dictionnaire numérique intitulé “Mon dictionnaire en image”, 38 000 ouvrages de Sciences, de Mathématiques, de Philosophie, ainsi que les révélations du Qumrân et la création de 3 applications depuis juin 2019.

Le n’ko est le nom d’une écriture créée par le chercheur guinéen Solomana KANTE en 1949 comme système de transcription des langues mandingues en Afrique occidentale. Le mot « n’ko » signifie « je dis » dans toutes les langues mandingues.

La création de l’alphabet et de l’écriture n’ko par Solomana KANTE a entraîné un mouvement favorisant le n’ko parmi l’élite des locuteurs des langues mandingues, aussi bien en Afrique occidentale anglophone que francophone. L’instruction du n’ko a aidé à la formation d’une identité culturelle malinké en Guinée, au Mali et a également renforcé l’identité linguistique mandingue dans d’autres régions de l’Afrique occidentale.

Au début du XXIème siècle, l’écriture n’ko est principalement employée en Guinée, au Mali, au Sénégal, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire (respectivement par des populations parlant mandingue et dioula), mais aussi par une communauté malienne de langue bambara qui fait partie de la même racine que le malinké.
C’est un alphabet phonétique de 27 lettres possédant des marques diacritiques tonales.
Aujourd’hui, il est enseigné dans plusieurs universités prestigieuses : Harvard University (USA), l’Université d’Etat Saint-Petersbourg (Russie), l’Université du Caire (Égypte) et INALCO à Paris (France).

L’Université Kofi Annan de Guinée propose cinq (5) programmes liés au N’ko sous la direction de Nafadji Sory CONDÉ :

  1. Un Programme d’Alphabétisation, ouvert aux étudiants et non-étudiants, avec 3 niveaux (débutant, intermédiaire et avancé), chacun d’une durée de 3 mois et sanctionné par un certificat spécifique.
  2. Un programme d’Informatique-Bureautique en n’ko sur les logiciels suivants : Windows (durée 1 mois), Word (durée 1 mois), PowerPoint (durée 1 mois), Excel (durée 1 mois).
  3. Un programme d’Audiovisuel et de Journalisme en langue nationale principalement axé sur la Communication en langue nationale, les Techniques audiovisuelles, et l’Infographie.
  4. Un Programme d’équivalence des diplômes: après l’obtention d’un diplôme professionnel, d’une licence LMD, d’un diplôme technique ou d’ingénierie, d’une maîtrise et d’un master, des cours de méthodologie de traduction, de terminologies scientifiques dans les langues nationales vous permettront de traduire et de transcrire en n’ko votre rapport de recherche, votre mémoire, votre thèse afin d’obtenir l’équivalent de votre diplôme en n’ko.
  5. Un Programme d’enseignement à distance sur le site : www.nkopourtous-kofi.org

Ce programme d’enseignement à distance inclut 3 niveaux formation d’une durée de 6 mois (débutant, intermédiaire, avancé), chacun étant sanctionné par un certificat spécifique. Le suivi-encadrement des cours s’effectue également par le biais des réseaux sociaux (WhatsApp, Facebook, Youtube).

Le fondateur de l’Université Kofi Annan, Dr. Ousmane KABA, l’un des promoteurs de cette langue, a proclamé toute sa satisfaction. « C’est un événement majeur, un événement culturel important. Vous savez, l’alphabet N’ko est maintenant introduit dans les ordinateurs pour féliciter l’alphabétisation en Afrique. L’écriture n’est pas seulement pour les Malinkés mais c’est pour toutes les langues africaines. Je pense que c’est bon de le savoir. Tout Africain qui maîtrise l’alphabet N’ko peut écrire sa langue maternelle avec cette écriture. »

Pour Diallo Moussa BALANDOU, Président de l’Académie centrale de N’ko, l’arrivée de ces livres vient à point nommé, c’est un grand pas pour l’Académie N’ko. « L’Académie centrale s’est donnée d’abord, comme priorité de traduire ces ouvrages, surtout pour les écoles primaires (…) Nous avons aussi traduit un dictionnaire visuel, le dictionnaire en images. Celui-ci permet aux enfants de connaître tous les outils de l’école et les objets qui leur sont familiers (…) Nous avons aussi annoncé l’arrivée de 3 applications sur l’application Android (Application d’initiation sur l’alphabet N’ko, la phonétique et le dictionnaire bilingue ndlr). Ces applications sont téléchargées en moyenne par 6 millions de personnes depuis juin 2019. »